L’artiste d’Ayacucho qui rappe en Quechua sur des productions hip hop aux inspirations andines donnera ce 29 juin son premier concert à La Cúpula de las Artes, Carretera Panamericana Sur s/n, parcela H, Santiago de Surco 15023.
Elle y présentera des chansons de son répertoire mais sans doute également de son album à venir « Traficantes « . Voilà ce que je disais sur sa musique et sur son morceau Tijeras en 2021 sur Le Bon Son
« Elle a 19 ans, elle est d’Ayacuaho dans la partie orientale des Andes péruviennes. Elle s’est faite connaître dans le pays en 2014 en participant à l’émission La Voz Kids, un tremplin pour enfant. Elle y interprétait « Fallin’ » d’Alicia Keys en Quechua, la langue des ces ancêtres apprise grâce à sa grand-mère dont elle était frustrée de ne pas comprendre les conversations. Un an plus tard elle reprenait « The way you make me feel » de Michael Jackson, toujours dans la langue des incas, et le monde tombait déjà amoureux d’elle comme le titrait à l’époque un reportage de la BBC.
Par la suite et après quelques autres reprises de pop mondiales, elle a commencé à composer ses propres morceaux et à se construire un univers plus proche de la trap. « Le rap est un genre agressif musicalement, je sens qu’avec lui je peux parler de thèmes sociaux et les exprimer sous une forme de protestation » dira-t-elle au site peru.info. Rythme qu’elle adoptera donc pour finalement que le New York Times la surnomme récemment « La Reine de la Trap Quechua ».
En 2018 c’est dans ce style qu’elle sortait le morceau « Tijeras » (les ciseaux), sur un beat de Kayfex, lui aussi d’Ayacuho, du nom et au rythme d’une danse ancestrale de sa région réputée très majoritairement pratiquée par les hommes (une danse montrant également d’étranges similitudes avec le hip hop qui a même donné lieu à des battles entre danseurs Tijeras et danseurs de break). Un pied de nez tout sauf anodin pour une chanson dont les paroles sont une protestation contre les féminicides et les agressions dont souffrent les femmes. Elle y incite les femmes à parler, à dénoncer, à être unies dans un pays gangréné par les violences faîtes aux femmes et où plus de 5000 d’entre elles ont disparu en 2020 dont une bonne partie pendant les longs mois de confinement Covid.
La musique est belle quand, en plus d’être un porte-voix, elle se trouve au croisement entre recherche des racines et ouverture sur le monde. On attend la suite avec impatience pour celle qui travaille dur actuellement sur son premier album Isqun tout en prenant le temps de donner quelques leçons de Quechua sur ses réseaux sociaux.
Manan pipas qawanchu manan imatapas
Atinichu ruwayta, rimayta munani
Qhaparispanmi, tukuy runa
Manan uyarikunchu rimasqayta
Qinaspa nini: qhaparisaqmiExtrait du morceau en quechua
Personne ne regarde,
Je ne peux pas parler je veux parler,
Avec beaucoup de force
Personne n’entend ce que je dis
Donc je crierai Traducition de l’extrait en français »

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